25 Septembre 2026, 17h11. Heure où j'écris cet article.

Depuis le 23 Septembre, je traverse une tempête d'une violence rare : entre refus d'ALD, incitation au suicide reçue en pleine figure, et le reste. Aujourd'hui, je prends la plume pour tout poser à plat, sans filtre.

NOTE: Avant de commencer : Cet article est "indirectement" la suite de mon précédent post, à savoir "Lumi - La Dysphorie est un poison"

Si je me répète un peu par endroits ou que je fais référence à des passages précédents, c'est tout à fait normal.

Bref, passons aux faits.

---

Comment ça, une incitation au suicide ?

Rembobinons au 19 Septembre 2026, à 19h25. J'étais tranquillement sur le live Twitch d'une personne transgenre formidable, Mooshie (Princesse Mooshie, que je vous recommande chaudement :3).

C'est alors qu'un profil débarque dans le chat pour m'interpeller directement :

"Ouais Syxpi pourquoi tu me détestes moi et telle personne"

(Je censure le nom de cette "telle personne" sachant qu'une procédure judiciaire est en cours, malgré qu'il ait été publiquement exposed sur Twitter).

Je lui réponds calmement que je ne les hais pas et que les comptes se règlent en message privé. Il me DM à 19h33, et le ton monte très vite. À 19h37, sa phrase tombe, glaçante :

"Il m'a dit qu'il te hait ou que tu dois brûler dans l'acide, je sais plus quoi."

Oui, vraiment. Une phrase qui caractérise purement et simplement une incitation au suicide, et en meme temps une menace de mort caractérisée, des actes lourdement puni par la loi via l'article 223-13 du Code pénal.

(Source : Légifrance).

Face à cela, je préviens cash que je peux envoyer les forces de l'ordre chez lui à tout moment. Il faut dire que j'ai un passif psychologique très fragile, et je prends cette menace de plein fouet.

Dans la même minute, on m'envoie un screenshot explicite qui ne laisse plus de place au doute :

"Lumi qu'elle aille se faire planter ou noyer dans l'acide je m'en branle"

Le tableau est complet. C'est du harcèlement et une incitation caractérisée, totalement illégale. Je demande le lien direct du message pour alimenter ma plainte. La personne qui me transmet le screen panique : "Tu sais qu'il va me détruire ?"

À ce stade, je perds totalement le contrôle. Je m'emporte, je l'insulte dans tous les sens, d'autant qu'il me mégenre avec un mépris total. L'interlocuteur prétend alors appeler le coupable "pour la blague". Complice ? Je lui mets un coup de pression monumental : je ne rigole pas, et s'il joue à ce jeu-là, il finira au tribunal aux côtés du principal intéressé. Je lui balance l'article de loi en guise de rappel.

Sa réponse ?

"Ouais je stocke ce que j'ai fait sur Unreal Engine chez lui"

Je lui fais comprendre que je n'en ai absolument rien à faire de ses projets, et que s'il ne me fournit pas les éléments demandés, c'est une plainte supplémentaire pour complicité d'incitation à la haine et au suicide qui l'attend. Je disais probablement n'importe quoi, emportée par la colère.

Il finit par nier en bloc, osant prétendre que j'invente tout. Il a même cru que j'accusais les gens de vouloir me tuer directement.

Petite mise au point juridique : L'incitation au suicide consiste à pousser quelqu'un à attenter à ses jours, souvent sur fond de menaces graves. La menace de mort (caractérisé par le fait qu'il m'accuse des propos dis précédament), sont des menaces physiques, que si acté, se bascule rapidement vers des notions criminelles d'homicide. Tout cela est lourdement condamné par la loi.

Excédée, je l'envoie balader une dernière fois avant de le bloquer. Dans la foulée, je lâche prise sur Twitter avec ces posts :

C'est d'un ironique tragique. Dans mon précédent article, j'écrivais : "Si vous voulez savoir, je suis retombée en dépression violente à cause de ma dysphorie, à savoir ce 30 août 2026." Là, l'histoire se répète : replonger dans une violence psychologique intense, le jour même où l'on cherche à vous briser moralement. Le tout couronné par des vagues de transphobie le lendemain.

Le feuilleton continue sur les serveurs

L'histoire ne s'arrête pas là. Sur un espace communautaire lié à l'école 42, l'ambiance dégénère à nouveau. Je lui intime l'ordre de me lâcher la grappe.

Un ami intervient pour le recadrer, mais rien n'y fait, le mur d'en face refuse de comprendre. Mon mec s'en mêle à son tour (gardez bien cette mention en tête, elle aura son importance plus bas). Finalement, un autre proche me somme d'arrêter, estimant que ce genre de pugilat n'a pas sa place sur un Discord public. Le staff finit par intervenir pour nettoyer le salon, et je prends le temps d'expliquer les détails en message privé pour calmer le jeu.

Le fauteur de troubles finira par être banni. Fin de l'histoire ?

Évidemment que non.

Dès le lendemain, je me fais accuser faussement d'avoir saboté une infrastructure technique. Je réponds publiquement sous ce post :

Ce que j'ignorais sur le moment, c'est que l'infrastructure en question était accessible publiquement, sans protection. Je n'avais effectué aucune vérification technique moi-même, m'étant contentée de relayer des informations partagées par des tiers.

À ce stade, les motifs pour une plainte en diffamation s'accumulent, mais disons que l'incitation au suicide reçue se suffit largement à elle seule pour clore le dossier judiciaire. Depuis, c'est le silence radio. Et franchement ? Tant mieux.

---

Le refus d'ALD : quand l'incompétence médicale frappe

Changement de décor. Nous sommes le 22 Septembre 2026. Je publie un appel à l'aide sur Reddit : "Besoin de conseils/avis : Situation compliquée liée à l'obtention d'une ALD"

Le post regorge de détails sur mon parcours kafkaïen. En l'espace de vingt-quatres heures, les retours affluent et pointent tous vers la même conclusion alarmante : mon médecin généraliste est manifestement transphobe.

On me conseille vivement de changer de praticien, surtout à la veille d'une consultation cruciale avec ce dit médecin. Je prends note, mais le rendez-vous est déjà là.

Le lendemain, 23 Septembre. Je sors de mon rendez-vous médical et rédige dans la foulée une mise à jour sur Reddit : "Update : Ma demande d'ALD". Le post explose rapidement.

J'y détaille les exigences absurdes de la docteure. Personne n'en revient ; la communauté la démonte de A à Z. Cela confirme définitivement son hostilité, notamment lorsqu'elle prétend imposer un passage obligatoire par un psychiatre — une exigence obsolète que j'avais pourtant clarifiée par écrit auprès d'un infirmier en pratique avancée (IPA) du GHU, attestant qu'aucun sésame psychiatrique de ce type n'est requis pour une ALD 31.

Partout, on me rappelle que la démarche est censée être simple et administrativement fluide. On m'encourage à lancer des poursuites. Mais soyons honnêtes : je n'ai aucune énergie à consacrer à une bataille judiciaire contre un médecin de famille. Autant aller au plus simple.

L'impact émotionnel est violent. Entre cette douche froide administrative et une dysphorie au plus haut, je frôle les larmes ce soir-là, comme le montre ce message :

Même sur le serveur Discord de Mooshie, les échos se ressemblent : incompréhension générale, conseils pour fuir ce médecin, et partage d'expériences similaires. J'en viens à me demander si le problème vient de mon incompétence ou d'un manque cruel de lucidité de ma part.

Vers une solution ?

J'ai fini par envoyer un e-mail au GHU Sainte-Anne à Paris pour obtenir de l'accompagnement. Si je n'ai aucune réponse d'ici le vendredi 2 Octobre, je me tournerai directement vers un endocrinologue spécialisé.

Quant à mon ancienne généraliste... disons qu'elle peut aller se faire voir, pour rester polie.

---

Et la Dysphorie dans tout ça ?

Inutile de réécrire mon précédent article sur le sujet. Disons simplement que mon équilibre mental et relationnel a pris une claque monumentale.

Si je disais auparavant que mon cerveau partait en vrille, je dois admettre aujourd'hui que la situation a over-empiré.

C'est dans ce contexte chaotique que, le 24 Septembre, je me retrouve célibataire.

Avant que vous ne hurliez au scandale en traitant mon ex de tous les noms : stoppez tout. La séparation s'est faite en bons termes. Je lui ai moi-même suggéré de partir pour le préserver, car ma dysphorie le faisait souffrir par ricochet. C'était un choix nécessaire pour éviter qu'il ne s'effondre avec moi.

Mais le coup de grâce psychologique s'accompagne d'une déprime totale. Le 25 Septembre à 7h29, je publie ce tweet empreint d'une grande détresse :

Face à la souffrance accumulée depuis tant d'années, une question absurde mais lancinante s'impose à mon esprit : est-ce que ça vaut vraiment la peine de continuer à se battre ? Ne serait-il pas plus simple de tout lâcher pour de bon ?

Heureusement, l'entourage veille et me pousse à tenir bon. Mais l'hésitation demeure, brute et silencieuse : continuer à porter ma transition à bout de bras ou tout abandonner pour cesser de souffrir. C'est court, mais il n'y a rien de plus à ajouter sur ce point.

---

Que retenir ?

Honnêtement ? Je ne sais pas trop quoi vous dire de plus.

Faites de ce texte ce que vous voulez. J'ai simplement posé ma vérité et ma souffrance sur la table.

Une petite mention spéciale, malgré tout, pour celles et ceux qui m'ont soutenue durant cette épreuve (et qui ne liront probablement jamais ces lignes) : merci du fond du cœur. Vos retours m'ont prouvé que toute cette folie n'avait rien de normal. Giga cœur sur vous 🩷🩷

Mais si je devais retenir une seule leçon de tout ce merdier :

Si des individus cherchent à vous détruire à petit feu, apprenez à les ignorer. Ou traînez-les directement en justice.

Prenez soin de vous, vraiment. De mon côté, je vais continuer à me battre pour ma transition, et je ne manquerai pas de refaire une mise à jour le moment venu.

Bref, à plus tout le monde !

  • Lumi.